Quand vos clients grands comptes vous parlent de CSRD, ils mentionnent souvent la « double matérialité » comme si c’était une évidence. Dans les faits, c’est un concept que beaucoup d’entreprises peinent à expliquer clairement, y compris celles qui sont directement soumises à la directive. Voici ce que ça signifie, pourquoi ça vous concerne en tant que fournisseur, et ce que ça change concrètement dans les données qu’on va vous demander.
La CSRD impose aux grandes entreprises de publier un rapport de durabilité. Mais avant de rédiger ce rapport, elles doivent d’abord déterminer quels sujets sont pertinents pour elles. C’est ce qu’on appelle l’analyse de double matérialité.
« Double » parce qu’il y a deux angles d’analyse :
Une grande entreprise doit analyser les deux dimensions pour décider ce qu’elle reporte, et donc ce qu’elle demande à ses fournisseurs.
Votre client ne peut pas réaliser son analyse de double matérialité dans le vide. Pour évaluer les impacts de sa chaîne de valeur, il a besoin de données sur ses fournisseurs, c’est-à-dire vous.
Concrètement, quand votre client analyse sa matérialité d’impact, il se pose des questions comme : est-ce que mes fournisseurs ont des pratiques sociales acceptables ? Est-ce que leurs process génèrent des émissions ou des pollutions significatives ? Est-ce que je peux en répondre si un audit externe me le demande ?
Pour répondre à ces questions, il va vous les poser. Pas forcément sous la forme « faites votre analyse de double matérialité », plutôt sous la forme de questionnaires sur vos consommations, vos effectifs, vos certifications, vos politiques internes.
Des données plus précises et plus quantitatives
Avant la CSRD, beaucoup de questionnaires fournisseurs acceptaient des réponses qualitatives : « nous avons une politique environnementale », « nous sensibilisons nos salariés ». Avec la CSRD, vos clients ont besoin de chiffres vérifiables pour alimenter leur rapport. Des déclarations générales ne suffisent plus.
Vous pouvez vous attendre à des demandes de ce type : consommation d’énergie en kWh par an, part d’énergie renouvelable, volume de déchets en tonnes, taux de fréquence des accidents, nombre d’heures de formation par salarié. Des données avec des unités, des périmètres, des années de référence.
Des données cohérentes dans le temps
L’analyse de double matérialité se refait tous les ans. Vos clients ont besoin de voir une progression, une stabilité, une évolution. Si vous leur donnez des données différentes d’une année sur l’autre sans explication, ça fragilise leur rapport.
Pour vous, ça signifie qu’il faut mettre en place un suivi annuel, pas forcément sophistiqué, mais régulier et documenté.
Des données qui couvrent des sujets que vous ne mesurez peut-être pas encore
L’analyse de matérialité de votre client peut faire remonter des sujets auxquels vous n’avez jamais pensé. Pratiques d’achat responsable, impact sur les communautés locales, politique de sous-traitance, gestion de l’eau dans vos process. Ces sujets peuvent sembler lointains pour une PME, mais si votre client les a identifiés comme matériels dans sa chaîne de valeur, il va vous les demander.
Vous n’avez pas besoin de faire votre propre analyse de double matérialité, c’est une obligation pour vos clients, pas pour vous. Ce que vous pouvez faire :
Vous commencez à recevoir des demandes CSRD de vos clients et vous voulez comprendre ce qu’on attend de vous concrètement ?
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