Environnement, conditions de travail, gouvernance, émissions de gaz à effet de serre… selon le type de financement et l’organisme sollicité, différentes informations peuvent être demandées à l’entreprise.
Lorsque vous préparez un dossier de financement pour votre entreprise, vous pensez probablement d’abord à votre chiffre d’affaires, votre rentabilité, votre trésorerie, votre capacité de remboursement ou votre business plan.
Mais selon le financeur, le projet et le type de financement recherché, d’autres informations peuvent désormais entrer dans l’analyse : les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, autrement dit les critères ESG.
Cela ne signifie pas qu’une PME doit obligatoirement produire un rapport RSE ou disposer d’une notation ESG pour obtenir un prêt.
En revanche, les enjeux environnementaux et sociaux peuvent progressivement entrer dans l’analyse des risques, dans les politiques de financement ou dans les conditions proposées par certains acteurs financiers. La Banque de France rappelle ainsi que les critères ESG sont de plus en plus pris en compte en amont des décisions d’investissement.
Pour une PME, l’enjeu est donc moins de « faire de la RSE pour la banque » que de savoir documenter les éléments qui peuvent être demandés dans un dossier de financement.
ESG signifie Environnemental, Social et Gouvernance.
Ces trois dimensions permettent d’évaluer certains risques et pratiques de l’entreprise au-delà de ses seuls indicateurs financiers.
Les informations environnementales peuvent notamment porter sur :
Les critères environnementaux peuvent donc être très différents selon le secteur.
Une entreprise industrielle ne sera pas nécessairement interrogée sur les mêmes sujets qu’une entreprise de transport, un acteur agroalimentaire ou une entreprise du bâtiment.
L’ADEME cite notamment les émissions de GES, la consommation d’électricité, les déchets, la biodiversité et la pollution parmi les principaux éléments associés au critère environnemental.
Le volet social concerne principalement la manière dont l’entreprise gère ses salariés et certains impacts humains de son activité.
Un dossier peut par exemple demander :
Là encore, il ne s’agit pas nécessairement de produire un rapport social complet.
Le financeur peut simplement chercher à comprendre comment l’entreprise maîtrise les principaux risques liés à son activité et à ses ressources humaines.
Le « G » de ESG est parfois oublié alors qu’il peut être particulièrement important pour évaluer la solidité d’une entreprise.
Il peut notamment concerner :
Pour une PME, ces éléments peuvent parfois être très simples.
L’objectif n’est pas nécessairement d’avoir une organisation comparable à celle d’un grand groupe, mais de pouvoir expliquer comment les décisions sont prises et comment les principaux risques sont maîtrisés.
La logique est assez simple : les enjeux environnementaux et sociaux peuvent également devenir des risques économiques et financiers.
Une entreprise très dépendante d’une ressource dont le prix augmente fortement, par exemple, peut être davantage exposée à une variation de ses coûts.
Une entreprise confrontée à des difficultés de recrutement, à un fort turnover ou à des problèmes de santé-sécurité peut également rencontrer des difficultés opérationnelles.
De la même manière, une entreprise qui dépend fortement d’une réglementation environnementale ou d’un marché en transformation peut devoir réaliser des investissements importants pour maintenir son activité.
Les critères ESG permettent donc notamment de compléter l’analyse financière par une vision de certains risques extra-financiers susceptibles d’avoir des conséquences économiques.
L’Autorité bancaire européenne a d’ailleurs renforcé le cadre concernant la gestion des risques ESG par les établissements financiers, avec des orientations portant notamment sur les risques environnementaux, sociaux et de gouvernance.
Non.
Il faut éviter une confusion fréquente : l’existence de critères ESG dans la finance ne signifie pas que toutes les PME sont soumises à une obligation générale de reporting ESG pour obtenir un crédit.
Les demandes dépendent notamment :
Un financement destiné à l’achat d’un équipement énergétiquement performant ne mobilisera pas forcément les mêmes informations qu’un financement destiné à une acquisition ou à un investissement immobilier.
Certains financements peuvent également intégrer des objectifs ESG spécifiques. Par exemple, certains dispositifs peuvent prévoir une évolution du coût du financement en fonction de l’atteinte d’objectifs environnementaux ou sociaux.
Le problème rencontré par beaucoup de PME n’est pas nécessairement l’absence d’actions.
C’est souvent l’absence de données facilement accessibles et présentables.
Vous avez peut-être déjà :
Mais ces informations sont souvent réparties entre la direction, la comptabilité, les RH, le responsable qualité, la production ou le service administratif.
Résultat : lorsque le financeur demande des informations environnementales ou sociales, il faut reconstituer le dossier dans l’urgence.
C’est précisément là que la structuration devient utile.
« Nous sommes engagés dans une démarche environnementale » est peu informatif.
Il vaut mieux pouvoir préciser :
ce que vous faites → comment vous le mesurez → depuis quand → avec quels résultats.
Par exemple :
« Nous avons réduit notre consommation d’électricité de X % entre 2024 et 2025 grâce au remplacement de certains équipements. »
Une donnée concrète est généralement plus utile qu’une déclaration générale.
Un indicateur ESG doit pouvoir être expliqué.
Si vous indiquez une réduction de 30 % de vos émissions, vous devez pouvoir expliquer :
La qualité de la donnée compte donc autant que la quantité.
C’est probablement l’erreur la plus coûteuse en temps.
Si vous préparez aujourd’hui un dossier pour votre banque, demain un dossier pour un investisseur et dans trois mois un dossier pour un appel d’offres, vous risquez de produire trois versions différentes des mêmes informations.
À terme, cela crée :
L’enjeu est donc de constituer un socle d’informations réutilisable.
Pas besoin de commencer par un rapport RSE de 80 pages.
Une approche beaucoup plus pragmatique consiste à commencer par quatre étapes.
Listez les données environnementales, sociales et de gouvernance que vous produisez déjà.
Regardez les dossiers de financement, questionnaires clients, appels d’offres ou demandes de partenaires que vous avez déjà reçus.
Vous constaterez probablement que certaines questions reviennent régulièrement.
Pour chaque indicateur, identifiez :
L’objectif est d’avoir un document ou un espace centralisé permettant de retrouver rapidement :
la donnée → sa source → sa justification → la réponse à fournir.
Vous ne construisez alors pas seulement un dossier pour votre prochain financement.
Vous construisez une base qui pourra également servir pour vos questionnaires fournisseurs, audits clients et appels d’offres.
Les critères environnementaux et sociaux ne remplacent pas l’analyse financière traditionnelle.
Et toutes les PME ne sont pas soumises aux mêmes demandes.
Mais la tendance est claire : les acteurs financiers disposent de plus en plus d’informations ESG et les enjeux de durabilité sont davantage intégrés à l’analyse des risques.
Pour une PME, le bon réflexe n’est donc pas de chercher à produire immédiatement un reporting complexe.
C’est de commencer par organiser les informations qu’elle possède déjà.
D’autant que les données environnementales peuvent avoir des conséquences très concrètes sur le financement. Une étude récente de la Banque de France montre notamment une association entre le niveau d’émissions de GES déclaré par les entreprises et leurs conditions de financement, avec une pénalisation moins forte pour les entreprises publiant des objectifs ambitieux de réduction.
La question n’est donc plus seulement : « Est-ce que ma PME fait suffisamment de RSE ? »
Elle devient :
« Suis-je capable de démontrer rapidement et de manière fiable ce que je fais ? »
Et cette capacité devient utile bien au-delà d’un dossier de financement : elle permet également de répondre plus efficacement aux demandes de vos clients, partenaires et donneurs d’ordre.
Chez Brun Symbiose, j’accompagne les PME dans la gestion de leurs exigences clients : questionnaires fournisseurs, audits, appels d’offres et demandes de données environnementales, sociales ou de conformité.
L’objectif : ne plus repartir de zéro à chaque demande et disposer d’informations claires, fiables et réutilisables.
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